Short stories

Je t’aime, mais…

Photo by Anna Tarazevich on Pexels.com

Mon cher,

Je t’écris cette lettre à 3h du matin, avec la fenêtre bien ouverte, comme il fait tellement chaud cette nuit. Tu sais, la ville est si tranquille. On dirait qu’elle se repose aussi pendant le week-end. J’ai essayé de m’endormir, mais toutes les discussions qu’on a eues dernièrement me revenaient en tête. J’ai repris chaque ligne en essayant de voir si j’exagère vraiment, tu sais comme j’aime bien me remettre en question, surtout quand il s’agit de ceux qui me sont chers, mais je ne trouve pas mon erreur de logique. C’est étonnant…tu es le seul homme qui m’a déterminé à questionner mon propre raisonnement. Je suis même arrivée à me demander si je n’étais pas vraiment folle, vu combien de fois tu me l’as dit. Moi qui ne parle jamais juste pour parler, qui choisit bien ses mots, au-delà de mon caractère colérique, surtout pendant les disputes, quand c’est encore plus important de faire attention à comment on dit les choses. Peut-être que ma faute a été que j’ai tellement voulu dire, à haute voix, pourquoi il y avaient toutes ces tensions entre nous dernièrement. Mais je ne l’ai pas fait pour t’agacer, je sais que tu n’aimes pas avoir ce genre de confrontation, que t’en as peur, mais comment on aurait pu continuer de manière authentique si on ne se disait pas ce qui nous dérangeait ? Tu vois, je ne pense pas que la confrontation soit un problème dans la vie. On a besoin de confronter notre ressenti pour mieux se comprendre. Toutes ces discussions…pas du tout faciles…comme tu les nommes, elles sont vraiment essentielles. Autrement, on reste dans le superficiel. Je sens que je dois prendre une décision…

J’ai relu nos conversations et c’est bizarre comme tu me reproches que j’ai été impolie, mais pourquoi la vérité est-elle impolie ? Moi, je trouve que la vérité est plutôt honnête. Bien sûr, pas du tout agréable à entendre, mais honnête. Et, en plus, je ne t’ai jamais parlé comme ça, ni même quand j’étais tellement énervée… On parle vraiment comme ça aux gens qu’on prétend être importants pour nous ? Tu vois, le problème avec les paroles est qu’on ne peut plus les retirer. Elles restent là, dans la tête, dans le coeur…Ça a été douloureux de voir que tu m’écrivais d’une telle manière, mais il semble que pour toi, comment on s’adresse à l’autre  n’a pas trop d’importance. Et désolée de te le rappeler, mais moi, je ne vais jamais accepter qu’un homme ne me respecte pas. Surtout celui que j’ai choisi de me voir nue de moi-même, dans toute ma vulnerabilité. Ça ne peut plus continuer comme ça ! En fait oui, je pourrais me mentir que rien de grave ne s’est passé et laisser couler toute cette histoire. Il y a beaucoup de femmes qui le font, non ? Fermer les yeux, fermer la bouche, rester malheureuse, continuer encore un peu, toute une vie (?!) pour ne pas perdre…la stabilité. Mais alors, tout mon discours sur la femme forte, la femme qui n’a pas peur de recommencer et de prendre dans ses mains son destin, toutes mes batailles feministes ne seraient que du bla bla. Et tu sais à quel point je déteste le bla bla dans la vie. Ce n’est pas une décision facile, mais c’est une décision correcte.

Je t’aime, mais je dois partir. Je pense toujours que notre connexion est quelque chose de très spécial, une de ces rencontres qui changent à jamais les vies, et je suis reconnaissante d’avoir eu la chance de t’avoir rencontré dans ce grand monde. Mais ça ne suffit pas…Et je crois que le bonheur est un choix aussi, parmi tous les choix qui construisent notre histoire ici, sur cette Terre.

Je t’aime, mais je m’aime aussi. Je ne peux plus accepter ce manque de respect et d’effort qui semble pas du tout poser de problème pour toi. Et je suis sûre de t’avoir déjà donné plus qu’une seule chance d’entendre ma voix aussi, pas seulement celle de ton ego.

Je t’aime, mais je suis fatiguée. J’ai fait tout ce qui aurait pu être fait pour éviter tout cela. Peut-​être c’est ça la force ou la faiblesse des femmes. Elles pardonnent beaucoup, jusqu’au jour où elles ne peuvent plus pardonner… Moi, je n’ai jamais voulu qu’on s’arrête un jour…

Profite bien de l’été ! De la vie aussi !

Je te souhaite que du bonheur ! Du vrai !

P.S. Les femmes ne sont pas de machines compliquées pour lesquelles on doit trouver un manuel dans les plus anciennes bibliothèques du monde. Elles ont juste besoin d’être écoutées, respectées et surtout, aimées.

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